Maison plateaux

Baras

 

 

 

 

 

 

 

Antanambe

 Betsiboka

 

 

 

 

 

 

 

4 images pour entrer de plein-pied dans la géographie de la Grande Ile : une belle maison typique des hautes terres, près d'Antsirabe. Deux jeunes Baras à l'entrée d'un village sur une nationale dans le Sud-Ouest du pays, sagaie à la main. Une femme et ses enfants dans la mangrove, sur la côte Est. Des rapides sur le fleuve Betsiboka, dans le Moyen Ouest. Photos prises entre 2004 et 2006.

Comment fait-on la géographie d'un pays sans monographie de synthèse sur le sujet ? Peut-on la faire ? C'est la question à laquelle cette page tente de répondre pour Madagascar, un pays que l'auteur connait un peu beaucoup, passionnément, à la folie ou pas du tout, enfin quelque chose comme çà.

Le problème, c'est que pour Madagascar comme pour la plupart des pays pauvres, on ne trouve quasiement rien dans les publications de la géographie française. Ce fut le cas, mais du temps de la coopération. De nos jours, la demande des institutions d'éducation et de recherche a délaissé les pays pauvres au profit de destinations plus "émergentes" : obsession économique quand tu nous tiens ! 

La requète "Madagascar" sur la base electre donne d'abord une avalanche de livres d'histoire, comme souvent. Mais pas un seul bon opuscule de géographie digne de ce nom. Ou plutôt si, mais...

Hoerner... le manuel de BATTISTINI et HOERNER, de 1986, est maintenant un peu daté.

Cependant ces 180 pages sont toujours valables pour le cadre physique, les climats. Pour ce qui est de la société qui met en valeur le territoire, il y avait alors 3 fois moins d'habitants que de nos jours (21 millions environ en 2014). Et au plan de l'économie, c'était avant le plan d'ajustement structurel ! Et bien entendu avant le "retour des matières premières" qui lui date d'environ 2005.

Alors on peut regretter que les géographes spécialistes de Madagascar  ne tentent pas l'exercice d'écrire une bonne synthèse sur la Grande Ile. Mais qui donc ? On veut des noms ! Alors les voici : Jean-Pierre RAISON, Michel PETIT, Hervé RAKOTO, Catherine GUERIN... Même si les éditeurs sont frileux, d'autres moyens de diffusion existent. La nécessité est là, puisqu'un foisonnement d'articles, de recherches ont été faits, et diffusés sur le sujet. Mais rassurez-vous, la lacune est identique pour tout pays de cette taille et de ce degrès de pauvreté.

Il faut donc faire sa synthèse soi-même, c'est-à-dire faire un puzzle incomplet, qui ressemble forcément à un plan à tiroirs.

1-Où trouver des généralités sur la géographie de Madagascar ?

... à peu près nulle part.

Mais le géographe qui veut autre chose que le manuel de 1986 éprouve vite de la frustration. Il commence donc avec des cartes et des photos (voir notre message "géographie du monde en général", pour le SIG Google Earth associé aux photos Panoramio). Pour aller plus loin que des images satellites, il cherche une vraie carte, avec des dessins qui interprètent la réalité (c'est la définition d'une carte). Faute de programme "Madagascar" sur son GPS (aucun système de positionnement global en effet, ne prétendra vous guider correctement sur l'Ile Rouge), notre géographe, donc, tombera sur une carte sommaire, comme celle-ci :

Madagascar

Avec plus d'obstination, notre géographe trouvera un jeu de cartes plus "précises", au 500 000ème, du FTM (Foiben Taosarintanin'i Madigasikara, l'IGN malgache). Lorsque les 11 sont assemblées, elles donnent çà :

cartes

 

Au 500 000ème, on commence à avoir des idées précises sur le terrain : taille très approximative des villes, altitudes, noms des villages et des anciennes circonscriptions, routes, pistes, rivières, lacs, montagnes, baies, forêts, et même grands itinéraires de sentiers. Voilà ! Sur le papier glacé, le pays commence à être connu. Un géographe parisien s'en satisfera.

Mais celui qui veut être sûr des paysages, des treillages (= voies de communication) et des maillages (= découpages adminstratifs) se posera quelques questions sur le fait que ces cartes encore vendues en 2015 ont été dessinées et éditées il y a une trentaine d'années. Pour un pays dont la population explose, et dont l'Etat est corrompu et inefficace jusqu'à l'os (en politiquement correct, on dit que "l'efficience de l'Etat est limitée"), il est salutaire de se poser cette question du rapport entre réalité dessinée sur la carte et réalité.

 

 ... En effet, pour ce qui est de la comparaison, si l'on prend le cas d'une "route nationale", en rouge épais et bien régulier sur la carte ; cela peut correspondre, selon les cas et selon des critères absolument impénétrables à un étranger, à çà (gauche), ou çà (à droite : si si, c'est une nationale)

RN7

RN2

 

 

 

 

 

 

 

 

On a donc bien besoin de généralités géographiques, pour comprendre le pays, ses paysages, ses habitants, sa logique. On pourrait nommer cela des "spécificités du pays". Ces "spécificités du pays" se retrouvent finalement un peu partout :

Routard

 

 

... c'est-à-dire ici, en une trentaine de pages d'introduction de ce genre de livret ;

 

 

 

 

 

Lonely Planet

 

 

... ici aussi, et çà tiendra aussi en une trentaine de pages,

 

 

 

 

 

Petit Futé

 

 

 

... ou ici, et çà tiendra encore une fois en une trentaine de pages,

 

 

 

 

... et bien d'autres guides sur le pays disent sensiblement la même chose. Nous en recensons une dizaine rien qu'en langue française.    

 Ces dernières références donnent à peu près les mêmes informations, pour leur partie géographie (quand elle n'est pas une partie histoire), à cette autre première approche :

Wikipedia

 

Autrement dit il est difficile de dépasser le niveau de la fiche Wikipédia !

 

Modèle reliefs

 

 

 Pour mémoire (voir "géographie du monde en général"), Jean-Pierre RAISON a écrit un chapitre sur le pays dans la Géographie Universelle. Souvenez-vous, c'était à l'époque pas si lointaine où les géographes faisaient encore des petites cartes thématiques qu'ils nommaient "modèles", comme celle-ci par exemple :

De nos jours ces "modèles" ne sont plus à la mode ; même s'ils sont toujours instructifs (mais pourquoi donc faire de la géographie est sous l'influence de la mode ?)

Dix ans plus tard, le même auteur met à jour sa présentation à travers un article indispensable qu'on ne peut écrire qu'en connaissant aussi bien que J.-P. RAISON, le terrain et l'esprit national. C'est là notament qu'il présente l' "économie d'archipel" du pays. Donc bravo pour cet article, qu'on peut avoir le plaisir de lire en ligne : "Madagascar, vers une nouvelle géographie régionale", L'Information Géographique n°64, 2000, c'est ici.

Cependant, si l'on veut vraiment en savoir plus sur le pays, quelques rares livres nous livrent des réponses mais elles sont toutes incomplètes.

On glanera aussi quelques articles réçents de géographie sur Madagascar dans la revue Tsingy : ici pour un aperçu ; et  ici pour le site Internet de la revue en question. Attention ! Terrain miné ! C'est une revue de géographie ET d'histoire.

2-La situation de la population malgache

Le géographe, convaincu que sa matière est une science humaine, veut d'abord en savoir plus sur la population.

Et là non-plus soyons clair, il n'y a pas l'ombre d'une bonne synthèse. Dans une recherche sur ce thème, on sera vite enlisé entre une approche purement statistique où l'on sera vite noyé dans les chiffres et une approche ethnique.

Lien ExcelPour l'approche statistique, on trouvera vite en ligne la page "démographie" de l'Institut National de la Statistique Malgache, INSTAT : on ouvrira alors un fichier Excel précis et bien mis à jour, mais dont les circonscriptions adiministratives sont difficiles à comprendre pour celui qui ne parle pas la langue : par exemple "Antananarivo Renivohitra" signifie "Tananarive capitale", c'est à dire la commune la plus dense de l'agglomération de la capitale. Sur la page, la région capitale est Analamanga.

 

On regrette que le Bulletin d'Information sur la Population de Madagascar (BIP) ne paraisse plus. C'était un bulletin scientifique très instructif, qui fait le lien avec les réalités sociales. Nous en avons toutefois retrouvé la trace ici.

recadre_image_fullv4L'approche ethnique doit, à notre avis de géographe éclairé(e) être relativisée au plus haut point car sur le terrain, les identités ethniques ne sont pas une évidence. Elles sont mouvantes. Elles sont toujours imprécises. Elles ont été fixées du temps de la colonie, par autrui, puis réutilisées au gré des discours politiques. Quand aux caractères culturels, physiques voir moraux qu'on attribue aux ethnies, alors là le délire devient total.

Cette carte postale du début du XXème siècle (à gauche), tente donner un caractère "Betsileo" à ce corps de femme. La démonstration est loin d'être évidente !

Certes, à Madagascar, ceux qui se disent Vezo sont très souvent pêcheurs. Les Baras sont souvent éleveurs de zébus. Et les pousses-pousses des grandes villes viennent presque toujours du Sud déshérité du pays (ils se diront "des épines" -Antandroy- "des îles"-Antainosy-...). Les cadres dirigeants de l'Etat sont souvent Merinas. Le clivage ethnique reste utile. Mais il n'est qu'un clivage parmi d'autres. Il dit finalement peu de choses de la population malgache. Et pourtant, on trouve cette catégorisation dans l'article "Madagascar" de l'Encyclopédia Universalis, ainsi que dans l'article "démographie de Madagascar" de Wikipedia (faute de bonne présentation démographique de l'île, on est bien obligé de présenter cet article là !).

Pour étayer notre vision critique de l'approche ethnique, on observera que beaucoup de Malgaches se disent "côtiers" : et cela n'est pas un ethnie. Cela ne signifie pas non-plus que l'on vive à proximité de la mer, ni qu'on l'ai vue une seule fois. Par contre, c'est une manière de dire que l'on se sent périphérique, alors que les autres (les habitants des "plateaux") sont au centre décisionnel. Cette curieuse intégration du clivage centre-périphérie avait fait l'objet d'un article de notre part dans ce numéro de revue là. Jean-Pierre RAISON avait déjà parlé pour les Malgaches d'un "peuple géographique" dans un numéro des Annales dans les années 80.

Que fait-on également du clivage, encore réel, entre descendants d'esclaves et descendants de libres ? Pour finir la critique, avec l'approche ethnique, les clivages de richesse et de pauvreté, qui guident beaucoup plus les comportements et les migrations, passent à la trappe alors qu'ils sont colossaux : pour ne prendre qu'un chiffre, le revenu des Malgaches vivant à l'étranger égale le PIB du pays ! En tout cas, pour une mise au point rapide sur la place de l'ethnicité, on peut lire en ligne l'article de Jean-Aimé RAKOTOARISOA publié en 2002 intitulé "Les racines culturelles de la crise malgache" dans le Monde Diplomatique. Bien qu'il fasse référence à des événeemnts dépassés, son analyse est brillante.

KaranaL'ouvrage de Sophie BLANCHY, Karana et Banians, les communautés commerçantes d'origine indienne à Madagascar, est un monument de connaissance dans un océan de données éparses. Ce livre de 346p publié en 2000 mèle histoire et géogrpahie mais il a le mérite de faire un focus sur une communauté nationale bien présente sur l'île, qui a un rôle économique incontournable. Il complète bien les 2 approches précédentes (statistique et ethnique). Il nous fait préciser que les Indiens ne sont pas la seule communauté nationale étrangère présente à Madagascar : on citera par ordre décroissant d'importance :

- les 40 000 français présents sur l'île, parfois nommés "zanatany" s'ils sont descendants de colons, titulaires d'une bonne partie de l'économie. Que ne pouvons nous disposer d'un travail sérieux à leur sujet ! quelle lacune dans la recherche !)

- et chez les Français, les Corses ont une place particulière. Ils tiennent les Casinos, par exemple. C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi çà veut dire beaucoup. Ah si l'on avait pu écrire sur la comparaison et les liens entre deux périphéries de l'Europe, Madagascar et la Corse !

- les Chinois eux aussi commerçants et très bien intégrés (Lucile RABEARIMANANA a écrit un bref et lumineux article sur eux, mais tellement difficile à trouver que nous ne pouvons pas en donner les références précises)

- les Mauriciens

- quelques Grecs, intégrés "par le haut"

- quelques Comoriens, intégrés "par le bas" quand ils sont intégrés

Il nous faut aussi chanter les louanges de l'excellente thèse de Sophie MOREAU consacrée aux populations du moyen Sud malgache (souvent dit Betsiléo) qu'elle finit par appeller, en conclusion, le "peuple de la lisière". Thèse lumineuse, pleine de cartes en couleur, de photos de grande qualité qui présentent des paysages neufs, incroyables, très pauvres. Mais hélas, cent fois hélas, cette thèse reste très confidentielle car elle n'a pas été publiée.

 3-Géoéconomie de Madagascar

La dernière synthèse sur le sujet n'est qu'un article, qui malgré son titre un peu technique est une bonne présentation, en 54 paragraphes (parce que sur le site où l'article est accessible gratuitement, on compte en paragraphes), de la situation de l'économie malgache. C'est Philippe HUGON, encore lui, qui l'écrit. L'article donne des chiffres peu nombreux mais parlants pour décrire la situation économique. "La stagnation de l'économie malgache : le rôle des crises et des facteurs politiques en longue période". Revue Internationale et Stratégique, 2005, n°4.

Il faut citer bien sûr les Images Economiques du Monde (présentées de manière approfondie dans le message "géoéconomie : la mondialisation")

On retrouve à peu près les mêmes informations sur la fiche "Economie de Madagascar" de Wikipedia.

On regrette aussi, ici, que l'agence Ubifrance (ex-"mission économique de l'ambassade de France") ne publie plus de fiche-pays, ni de fiches sectorielles sur Madagascar. Elles étaient un des rares moyens de s'informer assez finement sur la situation économique réelle. En vérité, l'information économique reste confidentielle, les chiffres de croissance, d'inflation sortent un peu de la cuisse de jupiter.

RIz à MadagDans un pays où l'agriculture fait le quotidien de la majorité des habitants, l'ouvrage d'Henri de Laulanié (2002) peut paraitre incongru mais il n'est pas dénué d'intérêt. Le jésuite qui a vécu une partie de sa vie à Madagascar y présente non seulement les prémices de la méthode de riziculture intensive, qu'il a contribué à diffuser en Asie, mais également des considérations générales, et précieuses, sur l'agriculture. Un géographe appellerait cela de la "recherche-action". Précisons que ce livre met à jour les connaissances sur la principale cutlure malgache, puisque le livre de Françoise LE BOURDIEC, Hommes et paysages du riz à Madagascar, 1980, est maintenant une antiquité et de plus est absolument introuvable... quoique, vous l'achèterez , si vous êtes très très motivé. Le riz à Madagascar avait été étudié par Philippe HUGON, dans les années 80 déjà (merci Césaire MBIMA pour cette information, mais je préfère parler des géographes... mais comme ils sont peu nombreux à écrire sur la Grande Ile, bon, il faut citer P. HUGON)

Madag dans tourmente

Madagascar dans la tourmente est un livre de contributions sur le monde rural (c'est-à-dire encore la majorité des habitants). Et c'est desespérant. Les conditions de vie ne s'améliorent décidément pas sur l'île, du fait essentiellement de l'instabilité de l'encadrement : l'encadrement légal, l'encadrement policier, les routes... Les contributeurs de ce livre sont nombreux, ils sont dirigés par ANDRIANIRINA, Nicole, BALLET, Jérôme, NIRINA RABEVOHITRA, Bernard, RASOLOFO, Patrick. Signalons que plusieurs livres traitent du même sujet. BALLET, Jérôme et RANDRIANALIJAHONA, Mahefasoa, ont dirigé Vulnérabilité, insécurité alimentaire et environnement à Madagascar (2011). Plus optimistes, SARRASIN, Bruno et RAMAHATRA, Haja ont écrit Environnement et développement à Madagascar (Karthala, 2013)

Toujours sur l'agriculture, cet article de Marie-Hélène DABAT, Christine AUBRY et Josélyne RAMAMONJISOA fait le point sur l'agriculture périurbaine de Tananarive.

Il faut écrire sur le secteur minier à Madagacar ! la lacune est criante.

Catherine GUERIN a écrit un bon compte-rendu d'une conférence sur l'énergie à Madagascar qu'elle a présenté au Festival de la Géographie, à St Dié.

Nous avons pour notre part contribué à la présentation de la situation des échanges portuaires. C'est dans la revue Tsingy.

Etudes rurales 178

Etudes Rurales a publié un dossier fort stimulant sur la problématique du développement.

La problématique de la pauvreté et du développement, c'est de la géoéconomie ! Voilà pourquoi nous osons placer ici les livres du père Pédro, qui nous font plonger à la fois dans la grande misère de certains, mais aussi dans les perspectives de développement.

 

 

4-La vie politique et approche culturelle

 

indexDans ce champ de connaissance forcément à renouveller, l'ouvrage le plus réçent est la compilation, par l'Harmattan, des communiqués de l'Observatoire de la vie publique à Madagascar (SEFAFI), en 2014. Ces communiqués de l'organisation sont classés chronologiquement, l'ouvrage est donc plutôt une histoire du temps présent, mais la rareté de l'information politique sur le pays ne nous permet pas de faire la fine bouche. Le livre est une mine d'instruction,  puisqu'au fur et à mesure des communiqués, c'est le vrai contour de la vie politique à Madagascar qui apparaît. Et c'est désespérant, il faut bien le dire. On regrettera toutefois que des thèmes n'apparaissent qu'en filigrane. Ces thèmes seraient certainement des clés pour le démarrage d'un développement -typiquement géographiques, il s'agirait de la gestion de la situation alimentaire, entre politique agricole et polémiques typiquement malgaches sur les importations de riz ; il pourrait s'agir aussi de la jonction entre Etat et grandes délégations de services : entretien des routes, énergie... Le site en Malgache. Le site en Français.

 

solofo

 Il faut le reconnaitre, faute de synthèse écrite sur les institutions malgaches (il n'y a déjà pas de synthèse de géographie, ne rêvez pas de trouver une sythèse sur la vie politique !), le plus instructif est de remonter l'histoire pour comprendre la vie politique locale. Celle-ci étant assez chaotique, la relecture de la dernière crise est déjà très instructif. Le livre dirigé par Solofo RANDRIANJA, Madagascar, le coup d'Etat de 2009 (Karthala, 2012) présente d'abord la chronologie de l'événement, puis 9 contributions viennent éclairer des thèmes. Le chapitre 5 sur "Les cyber-verts contre le trafic du bois précieux", est très intéressant. Il passe par un bilan sur les moyens d'information sur l'île.

 

 

 

Il y a aussi :

Idées reçues

 

 

Le volume "Madagascar" de la très intelligente collection "Idées Reçues" du Cavalier Bleu.

 

 

 

 

 

Notre sélection présente enfin

Vérin

 

 

l'ouvrage de Pierre VERIN (éditeur : Karthala). Avec ce livre on s'éloigne un peu des réalités politiques pour s'approcher des réalités anthropologiques. Sur l'image, la dernière édition, de 2000.

 

 

 

 

5-Approche anthropologique

Alors ici, géographes accrochez-vous et surtout armez-vous d'un décodeur. L'anthropologie est en effet un peu éloignée de l'approche géographique. Cependant il faut reconnaitre que pour le pays, elle est précieuse ! En outre, elle dessine presque une géographie régionale, c'est donc sur cet aspect que nous allons insister :

Parmi les dizaines de références, on citera :

Betsimi

 

 

L'ouvrage d'Eugène MANGALAZA présente la vie traditionnelle des habitants de la côte Est du pays. 334p, 2000.

 

 

 

 

Zafimaniry

 

 

Par Pierre VERIN et Jean-Pierre HAMMER, 2005.

 

 

 

 

 

Godefroit

 

 

Sophie GODEFROIT s'est immergée dans la société Sakalava (ouest du pays). Livre de 2000.

 

 

 

 

Andolo

 

 

Nous avons aussi été fort convaincus par le livre de la même auteure, mais accompagnée de Jacques LOMBARD, sur l'art funéraire Sakalava (2007)

 

 

Il y a aussi le site Internet de vulgarisation des travaux anthropologiques de Bernard CHAMPION, qui est ici.

 

Antnadroy

Moins dense en réflexion, mais intéressant malgré le premier abord un peu "beau livre", nous avons été convaincus par le livre de VALVERDE, Benjamin, et HONORE, Thomas, aux éditions Carambole en 2004 (enfin un éditeur malgache ! un privilège partagé avec la revue Tsingy)

 

 

...quelle anthropologie classique ! il est vrai que la société malgache prète le flanc à cette approche, qui offre en plus l'intérêt d'être régionale, là où la géographie classique ne réussit pas à l'être.

Nous voudrions donc faire un détour par une approche anthropologique moins flatteuse pour le territoire mais qui, nous en sommes convaincus, en dit long sur le pouvoir, sur les effets sociaux de la pauvreté et sur la géographie de la santé. C'est pourquoi nous finissons cette sélection d'écrits d'approche anthropologique par le livre de Claire Mestre, Publié chez l'Harmattan en 2014.

 

Mestre

 

6-Des travaux de géographie urbaine accessibles ?

Faut pas rêver tout de même ! Il n'y en a qu'un, il s'agit de :

Guerin

 

 

par Catherine FOURNET-GUERIN. C'est un travail de thèse, publié en 2007. Dommage que l'éditeur n'ait pas reproduit plus de cartes, photos, de ce travail. A propos de l'éditeur, on ne s'étonnera pas de voir encore apparaitre Karthala dans nos références sur Madagascar : si peu d'éditeurs s'y intéressent !

 

 

 

Loin du niveau de cette thèse sur la capitale, nous oserons évoquer un livre sur Tamatave (Toamasina, la 2ème ville et port

Tmtve

du pays) qui a presque tout du "beau livre" avec beaucoup de photos. Cependant les textes écrits par MANGALAZA, Eugène et WEISS, Eric présentent un intérêt certain. Editions SDE, 2003.

 

 

7-Géographie physique

Enfin ! les fameux lémuriens ! les tsingy ! les fameux baobabs !

baobabsVolontairement,  nous abordons cette catégorie à la fin de notre tentative de bibliographie. En effet, l'approche du pays par ses magnifiques paysages est la porte d'entrée la plus fréquente. Un seul coup d'oeil sur la requète "madagascar" sur un site de vente de livres en ligne suffit à s'en convaincre. Ou alors, le suivi des émissions télévisées sur Madagascar met clairement en évidence que pour le public occidental, Madagascar c'est d'abord de la nature. Il n'y a en effet pas un mois sans un nouveau documentaire vidéo sur Madagascar, la plupart du temps sur la nature. Ces documentaires vidéos méritent d'être vus. Mais la nature y est presque toujours présentée comme "immaculée" "originelle" alors qu'elle ne l'est plus depuis longtemps.Et faire de la géographie, c'est entrer par la porte humaine !

Faut-il le rappeller, les vieux manuels présentés tout en haut de ce message abordent bien les aspects du relief, de la géomorphologie, des climats. On peut compléter toutefois cela avec :

Wildlife

 

 

 

... auteur Nick GARBUTT, 2002.

 

 

 

... ou des articles sur le relief, l'érosion, bref ces thèmes où la connaissance en géographie physique progresse encore.

Vous voulez comprendre pourquoi le fleuve Betsiboka est si rouge sur l'image présentée en tête de ce message ? Lisez cela. Bref sur la géographie physique de Madagascar, on trouvera vite son bonheur.

 

Conclusion

Avec Madagascar nous avons tenté de faire de la bibliographie critique de géographie là où elle est évidente (un pays du monde), mais là où la géographie écrite n'existe presque pas. Nous en tirons 2 leçons :

- Le fait que les livres d'histoire soient beaucoup plus fréquents, beaucoup plus diffusés, beaucoup plus connus que les travaux de géographie est à la fois déçevant et révélateur d'une réalité : la géographie pourtant si primordiale à la connaissance du monde, n'intéresse pas trop. Comme pour d'autres régions du monde, parfois énormément peuplées, il a quelques thèses (que l'on trouvera par suivant par exemple ce lien : thèses en français sur Madagascar, ici. ) Mais trop peu de synthèses. Bibliographie critique de géographie persiste dans son analyse : les synthèses de géographie sur les territoires ne font pas recette car selon les milieux sociaux, les visions sont trop différentes.

- L'ordre des thèmes (1-population 2-géoéconomie 3-politique etc) est l'ordre qui par défaut est le bon pour faire de la géographie. Mais il ne correspond pas à la réalité de ce pays lointain. Approcher un pays à travers la bibliographie, même restreinte à la bilbiographie francophone comme nous le faisons, c'est s'adapter à une porte d'entrée dans le territoire qui est spécifique. Et ici, il y a deux grandes spécificités pour entrer dans la connaissance géographique de Madagascar, elles s'appellent "anthropologie" et (attention, on va utiliser un gros mot car il n'est plus à la mode) : "géographie physique"

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